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Certaines
musiques s'affirment comme des lumières, intenses ou faibles, mais toujours
en éclairage direct. D'autres apparaissent en creux, comme la gravure, les négatifs
de photo ou le théâtre d'ombres. Comme si la musique n'était là que pour
donner corps et vie au silence, forme et durée à l'indifférencié. Chez
John Lurie, avec qui la musique d'Orioli à une parenté indéniable, on peut
parler d'une tradition "blanche" en opposition à la tradition
d'improvisation noire américaine. Dans le cas d'Orioli, musicien formé à
toutes les écoles possibles du vieux continent, il s'agirait plutôt de
cette recherche musicale proprement européenne, qui intègre le
"savant" et le populaire, l'écrit et l'"oral", l'expérimental
et le connu. D'une démarche de collectionneur, comme le Bartok des
Microkosmos, de mécanicien de précision, tout autant que de tunnelier au
long court, Orioli creuse "dans la masse" une musique d'une absolue
homogénéité, qui procède de ces vocations.
Paul Kristof, violoncelliste
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