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  PROGRAMME

 

 
  Jeudi 23 avril

 

 
 

20h 30  BÉATRICE GRAF - «CHOICE»

Bruno Amstad: voix .Cyril Moulas: guitare basse. Béatrice Graf: batterie.

«The composition has begun when the musicians are chosen.» Cecil Taylor

En avant-première d’une tournée autrichienne, Béatrice Graf nous présente son nouveau trio composé de Bruno Amstad, «probablement un des plus grands et des plus originaux vocalistes du continent» (Lucerne 1964), et de Cyril Moulas, «l'un des plus talentueux guitaristes de sa génération» (Annecy, 1979), deux musiciens avec qui elle a déjà mixé sa percutante musicalité en 2007 à l’occasion de la Fête des Cropettes et du Festival Akouphène. Mélodies puissantes sur de riches textures orchestrales à la pulsion intense, amour du risque et échappées belles les réunissent pour une performance sans limites stylistiques.

     
 

22h  UNIT

Matthieu Donarier: clarinette, saxophone. Laurent Blondiau: trompette. Sébastien Boisseau: contrebasse. Mika Kallio: batterie.

 

« Le voyage, la rencontre, l'échange, sont des notions inhérentes au métier de musicien. Le discours musical enjambe les frontières sans se soucier des nationalités, les notes sont des mots, les morceaux de musique des histoires au langage universel. La liberté de changer le cours des histoires à chaque concert, de jouer avec le poids des sons comme on jouerait avec le sens des mots, de modifier ainsi chaque soir notre rapport au public, c’est le jazz qui nous l’offre grâce à l'improvisation. Cette magie, cette passion de l'instant qui change, nous la vivons en parcourant l'Europe et c'est elle qui nous a rassemblés. Notre groupe n'a pas de leader, ou plutôt il en a quatre. Au-delà des concerts, moments de la rencontre avec le public, nos objectifs sont multiples : croiser les réseaux, aller au devant des jeunes musiciens, promouvoir les scènes belge, finlandaise et française, créer le fondement de projets internationaux inspirés par Unit.
 

Unit, c'est une somme d’alliages sonores, une matière cohérente composée d'influences diverses et d'expériences croisées, une sorte d'édifice dont l'architecture est en permanente évolution. »
 

     
  Vendredi 24 avril

 

 
 

20h 30  DUO SORAYA BERENT - STEPHANE FISCH
 

Soraya Berent: chant. Stéphane Fisch: contrebasse.
 

De la rectitude et de la bravoure, une façon d’illuminer comme en se jouant, mais rien de charmeur, rien de faussement élaboré, mademoiselle Berent va droit au but, touche le cœur. Ainsi cette jeune personne à chaque fois surprend par la liberté de son chant, des notes si claires qu’on en vient à oublier qu’elles sont bleues et complexes. Et vont se mêler étroitement à celles tirées de l’archet de monsieur Fisch contre sa contrebasse, dansent et frémissent les deux voix, l’une raille et l’autre rit, et nous on se réjouit d’entendre et de sentir cette complicité, comme un défi à la pesanteur du monde.
Un duo à découvrir !
 

     
 

22 h  TRIO HMB - «FOREST SOUNDS» feat. NICOLA ORIOLI
 

Park Stickney: harpe. Frédéric Folmer: guitare basse. Raul Esmerode: marimba, batterie. Nicola Orioli: saxophone, clarinette
 

Trio HMB, comme trio Harpe-Marimba-Basse (+ Anches). Il est étrange & rare autant que prometteur cet attelage audacieux. Et comme «Forest Sounds» s’est donné pour tâche d’aller cueillir les sons de la forêt, mieux vaut d’entrée s’équiper en conséquence. Car il ne s’agit pas comme Alfred de Vigny de juste aimer le son du cor, le soir, au fond des bois. De la magique forêt de Brocéliande aux forêts inondées de Pologne, des conifères nains de la taïga aux grands cyprès des bayous, de l’Amazone spongieuse à la larme rouge des mélèzes, il s’agit de saluer en musique par le vaste monde le peuple mirifique des arbres. Mort aux tronçonneuses. Place au plus sensible, au plus sensuel des sons. Place à la tremblée sous le vent nu des feuilles. Place à la jutée rousse et rauque des sèves. Ces quatre musiciens depuis longtemps pratiquent du dedans l’invention sonnée de la merveille tant que l’explosée lente des bourgeons. La sonorité est plutôt feutrée mais le vent peut s'élever brusquement et l’orage n'est pas à exclure en fin de journée.

     
 

23h 30  MERCADONEGRO
 

Armando Miranda et Eduardo Cespedes: chant. Massimo Guerra: trompette. Cesar Correa: piano. Carlos Irarragorri: guitare, très. Eduardo Dudù Penz: guitare. basse. Roberto Rodriguez, Edwin Sanz, Alejandro Paneta: percussions, voix.
 

Mercadonegro débute par la rencontre de trois musiciens latino-américains émigrés en Europe (cubain, colombien et péruvien) avec le producteur de Bibomusic. Les quatre amis, qui ont en commun leurs racines, projettent de faire connaître leur approche de la musique latine par delà les frontières.
Ainsi est né le groupe Mercadonegro (marché noir en espagnol, un petit clin d’œil au bulletin météorologique du regretté Zawinul?), nom qui fait écho à l’héritage afro-américain de sa musique, entre son cubain, cumbia colombienne et rumba irrésistiblement chaloupée. Depuis de nombreuses années, cet orchestre s’est agrandit et collabore avec les meilleurs musiciens du genre, tels Alfredo De La Fe, Celia Cruz, Carlos Santana, etc…
 

     
  Samedi 25 avril

 

 
 

20h 30  PÂQUIS’ART TRIO

 

Pete Ehrnrooth: clarinette, saxophones. Pierre-Alexandre Chevrolet: contrebasse. Dominique Valazza: batterie.
 

«Un store s’ouvre sur les pavés d’une nouvelle inconnue.»

 

Juste trois dossiers, juste trois fois sept bâtons de chaises nues & à chacune (par les deux bouts flambés) quatre pieds: c’est l’image. Deux vers de sept pieds: c’est le texte. Voici par eux-mêmes dans le maquis kaki des Pâquis nos trois musiciens présentés.
 

Mais je tiens cependant à vous avertir. Cet apparent minimalisme n’est que l’humble & prudent orgueil de trois «rootiers» genevois sortis flambants neufs des chevauchées libertaires du siècle d’avant et qui se sont retrouvés comme en un vrai salon des inventeurs en toute ferveur pour raviver ces derniers temps (qui en ont bien besoin), le chant bijou du rose & noir. Et, avec Charles Baudelaire, ne croyez rien ci-haut à la stricte pancarte. Paquis’Art Trio, musicalement tient en fait, par le manche, le couteau droit de la secousse.
 

Viens-t’en si t’aimes le jazz: cette carabine, cette caverne, cet anaconda.
 

     
 

22h  THE GLENN FERRIS «WHEEL»
 

Glenn Ferris: trombone, composition et arrangements.
Ernie Odoom: voix.
Bruno Rousselet: contrebasse.
 

«Ferris Wheel» signifiant en anglais «La grande roue», Glenn Ferris, l'a reprise à son compte avec ce nouveau trio. Cette création à l'instrumentation originale: trombone, contrebasse et voix… convie le public à un tour de manège musical des plus innovants en jazz. Vertige circulaire. Ça bombe large chez ces forains. Ça explose de fièvre joyeuse. Frissons du vide, ça tourne grave et «bien pire haut que le grand crocodile du ciel»… C’est parti mon Kiki, boutonne ta ceinture! chante au micro de sa voix souple sous son petit chapeau le roi d’Ecosse et des Romanichels! Lunapark, barbe à papa… j’entends d’ici, souffle coupé dans les nacelles, le cri d’effroi des demoiselles. Magic Sonor & Subito Circus… improvisant, vous m’en direz des manivelles!
 

     
 

23h 45  BBG TRIO feat. HAN BENNINK
 

Michiel Borstlap: piano. Ernst Glerum: contrebasse. Han Bennink: batterie
 

Ce fantastique jazz power trio hollandais démontre bien à quel point peuvent être artificielles les frontières entre les genres musicaux. Bennink et Glerum qui constituent depuis des années l’axe rythmique de l'ICP Orchestra (l’Instant Composers Pool créé en 1967 par Bennink, le pianiste Misha Mengelberg et le saxophoniste Willem Breuker), sont associés à la plus créative des avant-gardes; Michiel Borstlap, pianiste extrêmement lumineux est lui associé au mainstream. L'incompressible swing et la solidité dans les formes des deux premiers liés à la débordante imagination du troisième font que ces trois musiciens arrivent à fusionner jusqu’à l’incandescence. Foulée libre, invention féroce et tendre. Han Bennink, ce Monsieur Hulot, ce poète géant de la batterie véloce, ce giclant de vivre sans GPS ni boussole, ce têtu d’être a toujours su s’entourer de musiciens hors pair. Ses nombreux passages au Sud des Alpes nous ont toujours été d’époustouflantes révélations. La nuit, c’est sûr, jusqu’au jour, sera mémorable.

 

     
  Dimanche 26 avril

 

 
 

18h  LE BIG BAND DE LAUSANNE & OHAD TALMOR
 

Ohad Talmor: direction et arrangements. Claude Egea, Pierre Drevet, Carlos Baumann, Matthias Spillmann: trompettes et bugles. Vincent Lachat, Danilo Moccia, Bernard Trinchan, François Beziau: trombones et tuba. Michel Weber, Maurizio Bionda, Roby Seidel, Maurice Magnoni, Yvan Ischer: saxes et clarinettes. Pierre-Luc Vallet: piano. Ivor Malherbe: contrebasse. Thomas Grimmonprez: batterie.

« Presque quinze ans après mon baptême du feu avec le Big Band de Lausanne, c'est avec grand plaisir que je me retrouve à la tête d'un projet artistique avec des musiciens qui pour beaucoup m'ont vu grandir musicalement.
 

A cette occasion, nous présenterons un répertoire qui se fera l’écho du monde musical contemporain dans lequel j'évolue à New York et qui comprend aussi un certain nombre de compositions de musiciens du BBL que j'aurai arrangées pour l'occasion, mettant ainsi l'accent sur l'excellence d'un orchestre de niveau international. En précisant enfin que l'écriture orchestrale pour big band me semble être aujourd'hui -plus que jamais- particulièrement créative et motivante ! »
 

Ohad Talmor

Le BIG BAND DE LAUSANNE a été fondé en 1982 et regroupe désormais une vingtaine de musiciens professionnels provenant de toute la Suisse et de France voisine. Au fil des années, le BBL a donné un grand nombre de concerts en compagnie de solistes prestigieux comme Johnny Griffin, Charles Papasoff, Marvin Stamm, Walter Davis Jr., Joe Lovano, Toots Thielemans, Phil Woods, Benny Bailey, Adam Nussbaum, Jon Faddis ou encore Harry «Sweets» Edison, Franco Ambrosetti, Didier Lockwood, Bireli Lagrene, Grégoire Maret.

 

     
 

20h  EVARISTE PEREZ TRIO
 

Evariste Perez: piano. Cédric Gysler: contrebasse. Tobie Langel: batterie.
 

Les mains que ces trois personnages s’ingénient à rendre invisibles sont animées de rêves précis et doux, soigneusement décortiqués sous nos yeux éblouis, et leurs songes élégants ont l’effet d’un charme auquel il est impossible de résister. Jazz moderne, certes, mais cette subtile poésie qui maîtrise profond ses racines - bien avant dans la tradition - ne peut se résumer en un genre, il s’agit là d’un sortilège que les trois jardiniers cultivent avec une passion retenue, délicieuse comme l’attente.
Bientôt un CD !

     
 

21h 30  MARC COPLAND TRIO
 

Marc Copland: piano. Drew Gress: contrebasse. Bill Stewart: batterie.

 

«Investissant la configuration d’un trio classique (avec deux jeunes musiciens, Drew Gress et Bill Stewart), Marc Copland conserve entières certaines caractéristiques qui l'ont, en toute discrétion, distingué comme un pianiste parmi les plus sensibles du jazz contemporain: un toucher délicat, peu heurté, une approche coloriste de l'harmonie, un phrasé toujours très legato, comme estompé dans ses contours par un recours très fréquent aux pédales. Admirateur des peintres impressionnistes, il semble vouloir en reproduire la manière, travaillant à approcher les variations de couleurs harmoniques plutôt que la mélodie, dans un jeu feutré, adepte du scintillement des faibles intervalles et attentif aux nuances, pour mieux atteindre à une forme de sensualité.
 

«Jouer des ballades, dit-il, est, à bien des égards, le défi absolu. Les valeurs musicales qui sont importantes ailleurs sont ici absolument essentielles : la sensibilité, la couleur, les dynamiques, l'économie et la clarté.»
 

Vincent Bessières