AVANT-PROPOS

Ville internationale et ville frontière par excellence, Genève a su faire de son histoire une constante ouverture sur le monde. L'économie, la politique, l'humanitaire, les télécommunications, les arts... quels sont les domaines qui ont échappé à cette tendance? Genève a son Grand Théâtre, l'Orchestre de la Suisse Romande, le siège de la Télévision Romande, un Centre de Musique Ancienne avec filière professionnelle, un Conservatoire supérieur de Musique avec en son sein une école professionnelle de musique classique. Dans l'histoire générale de la musique de jazz, elle a su générer de nombreux talents, elle devait se doter d'une école professionnelle qui ouvre aux jeunes musiciens la filière de l'enseignement musical par la voie du jazz et des musiques improvisées.

Dans ce domaine particulier, la création d'une classe professionnelle, et par conséquent d'un diplôme de même nature, ne peut viser que sa transmission future, c'est-à-dire l'enseignement, car pour l'instant, et souhaitons-le pour très longtemps encore, cette musique n'a que faire d'un diplôme de concertiste. Pourtant, la plupart des élèves qui se présentent sont motivés par un souci de perfectionnement maximal et très peu sont ceux qui pensent immédiatement à l'enseignement. Cette ambiguïté nous a fait prendre des décisions qui aujourd'hui semblent tomber sous le sens, mais qu'il a fallu anticiper alors: la limitation du nombre d'élèves à six par volée, tous instruments confondus, est donc plus en rapport avec la capacité limitée du marché de l'enseignement qu'avec l'intérêt manifeste des élèves, et la difficulté du concours d'entrée ne fait que renforcer cet aspect. La variété des programmes, la multiplicité des champs d'expérience proposés, l'importance des cours pratiques en orchestres tentait de réunir les deux côtés de cette ambivalence, tandis que le choix des professeurs, tous concertistes confirmés, désigne, à ne s’ y pas tromper, le métier de musicien.